CheckBox

L’expérimentation « CheckBox » vise à étudier comment les micro-capteurs connectés peuvent faciliter la compréhension de notre environnement et nos changements d’usages au quotidien. Ce projet  s’est déroulé au cours de l’hiver 2018/2019 et a mobilisé la Captothèque® sur le territoire de Grenoble-Alpes Métropole. 

Objectifs scientifiques

Le chauffage au bois individuel non performant constitue un des principaux leviers d’amélioration de la qualité de l’air sur de nombreux territoires, dont ceux de Grenoble-Alpes Métropole et de la Communauté d’Agglomération Annonay Rhône-Agglo. Grenoble a engagé des démarches ambitieuses de réduction des émissions de particules fines par le chauffage au bois individuel non performant, notamment au travers de la mise en place d’un Fonds Air Bois co-financé par l’ADEME. Annonay Rhône-Agglo est inséré dans un département d’Ardèche où la problématique du chauffage au bois est centrale mais qui n’a pas encore mis en place de Fonds Air bois. 

Les premiers retours d’expérience sur Grenoble montrent que ce dispositif n’est pas mobilisé par les habitants à la hauteur des objectifs malgré l’accompagnement et la communication mis en place. Il est donc nécessaire de développer une approche innovante pour que les habitants s’approprient la question du lien entre pollution de l’air et mauvaises pratiques du chauffage au bois, et de la comparer avec un territoire où la sensibilisation à la qualité de l’air ne fait que débuter.

Un précédent projet, Mobicit’air, conduit en 2016 par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes (avec une prestation du sociologue Stéphane La Branche) a montré que les microcapteurs connectés pouvaient être mobilisés pour faciliter l’appropriation et contribuer à un changement de représentations et de pratiques en lien avec la pollution atmosphérique et qu’ils constituaient en outre un vecteur de communication de citoyen à citoyen puissant. Ces prérequis irriguent directement le projet CheckBox.

Le projet CheckBox aura contribué à la sociologie de la qualité de l’air tout en produisant des données utiles pour les acteurs impliqués en analysant les impacts de la mesure citoyenne de la qualité de l’air sur : les niveaux de connaissances liées à la pollution ; les représentations relatives à la qualité de l’air, les pollutions, ses sources et ses effets ; l’appétence des participants à communiquer avec d’autres citoyens sur cette question ; leur volonté et leur capacité à modifier leurs pratiques de chauffage au bois et enfin ; les perceptions de la légitimité des mesures faites par les citoyens. De plus, nous faisons l’hypothèse que les impacts de mesures de pollution associées aux pratiques de chauffage au bois seront différents des impacts associés à la mobilité, car ces deux sources renvoient à des chaines de représentations et de perceptions ainsi que de connaissances différentes.

Participants

Plus de 90 participants citoyens ‘lambdas’ répartis en trois phases d’un an chacune et deux terrains (Grenoble et Annonay). Dans la première phase, ils ont été recrutés par le biais d’un questionnaire afin d’obtenir des participants les plus représentatifs possibles de la population, en termes de diversité de connaissance, d’intérets relatifs à la pollution, de niveau d’aisance avec les nouvelles technologies mais avec 22/30 devant posséder un poele à bois. Puis, ils ont été interrogés par le biais d’un entretien semi-directif en face-à-face pour faire un retour sur leur expérience, leur montée en compétence, leurs changements de pratiques de mobilité, sportive, communication aux autres et de chauffage au bois.

Capteurs

15 airbeams (version 2019). Habitat Map a travaillé avec une communauté de scientifiques, d’enseignants et d’ingénieurs d’autres organismes à but non lucratif pour créer l’AirBeam.

L’ AirBeam permet d’estimer les concentrations en particules fines (PM2.5 = particule inférieures à 2,5 microns, 1 micron = 10-6m), la température et l’humidité relative. Pour mesurer les particules PM2,5, l’AirBeam utilise une méthode de diffusion de la lumière. L’air est aspiré à travers une chambre de détection dans laquelle la lumière LED est dispersée par les particules présentes dans le courant d’air. Cette diffusion de la lumière est enregistrée par un détecteur et transformé en une mesure qui permet d’estimer le nombre de particules dans l’air.

Via Bluetooth, ces mesures sont communiquées environ une fois par seconde à l’ application AirCasting Android , qui représente les données en temps réel sur votre smartphone (sous forme de graphs ou de carte). A la fin de chaque session de AirCasting, les données collectées peuvent être envoyées au d’Air Rhône-Alpes (synchronisation des sessions), où les données sont agrégées avec des données provenant d’ autres Airbeam pour générer des cartes de concentrations de PM2,5.

Partenaires

Co-responsables du projet :
  • Florian Charvolin (Institut Max Weber -CNRS)
  • Stéphane Labranche (SciencePo Grenoble)
  • Claire Chappaz (Atmo Aura)
  • Julie Cozic (Atmo AURA)
  • Marine Albarede (SCOP La Turbine)
  • Ressources

    Référent CASPA

    Stéphane La Branche
    Chercheur indépendant en sociologie et enseignant à Sciences Po Grenoble